Bujumbura, 14 juillet 2010 :
Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France au Burundi,
Honorables Députés,
Honorables Sénateurs,
Mesdames/Messieurs les Ministres,
Mesdames/Messieurs les membres du Corps diplomatique et consulaire accrédités à Bujumbura,
Mesdames/Messieurs les Représentants des Organisations Internationales au Burundi,
Distingués invités,
Mesdames/Messieurs,
Au début de ce mois, nous avons commémoré le 48ème anniversaire de notre indépendance. Il n’y a pas une semaine, nous avons été invité à partager la joie du peuple américain pour la commémoration de sa fête nationale. Aujourd’hui, c’est le Gouvernement et le peuple français qui nous font l’honneur de partager les retombées de la prise de la Bastille. C’est avec plaisir que nous participons à ces moments de joie et d’échanges. Nous nous faisons l’interprète de toutes les Burundaises et de tous Burundais pour souhaiter au Gouvernement et au peuple français une bonne et joyeuse fête, le jour du passage de la révolution parlementaire à la révolution populaire avec son corollaire de libertés et de fraternités sans frontières. Nous vous présentons nos chaleureuses félicitations !
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Distingués invités,
Mesdames/Messieurs,
La fête nationale de la France est notre fête à tous, nous qui sommes attachés aux valeurs culturelles françaises par les liens si solides de la Francophonie. A cette fraternité culturelle s’est ajoutée depuis belle lurette une longue tradition de coopération. Dernièrement, lors du Sommet Afrique France à Nice, les Chefs d’Etat et de Gouvernement avons souligné la nécessité de renforcer les relations en créant un partenariat fondé sur des intérêts partagés et une confiance mutuelle. Il a été convenu d’appeler à une réforme de la gouvernance mondiale afin que le continent africain soit mieux représenté au sein des enceintes internationales. La France a promis d’appuyer l’action de l’Union Africaine et des organisations sous régionales dans la mise en place de leur système de sécurité collective, en particulier la Force Africaine en attente. Est-il nécessaire de préciser que la France s’est engagée à consacrer 300 millions d’euros pour soutenir les efforts d’Etats africains et des organisations sous régionales, tout en se déclarant prête à former 12.000 militaires africains au profit des forces de maintien de la paix et de l’Union africaine et de l’O.N.U ?
Comme vous êtes sans l’ignorer, le Burundi et l’Ouganda sont les seuls pays à fournir pour le moment les troupes à l’AMISOM. Cet engagement au service de la paix en Somalie n’est pas vu d’un bon œil par les groupes islamistes. Tout en ayant une pensée pour les victimes des attentats qui viennent d’être perpétrés en Ouganda, nous nous disons que cela doit plus que jamais déclencher des élans de solidarité surtout en faveur du peuple somalien.
Nous profitons donc de cette tribune pour inviter la France et partant, l’Union Européenne à s’impliquer davantage dans les efforts de restauration d’un Etat viable et des conditions sécuritaires acceptables pour le peuple frère de Somalie. Point n’est besoin de faire remarquer que lors du Sommet de Nice, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont réaffirmé leur détermination à lutter ensemble contre les menaces transnationales comme le terrorisme, les actes de piraterie, le brigandage en mer etc. Ils ont en effet souligné que de telles menaces devaient faire l’objet d’une attention prioritaire.
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Vous venez de passer quatre ans au Burundi et vous êtes
au terme de votre mission. Vous êtes arrivé au moment où la démocratie venait d’être restaurée après la tragédie de 1993 et la guerre civile qui s’en est suivie. Vous avez été témoin de la renaissance difficile mais irréversible de la démocratie burundaise car vous partez après avoir assisté à la réussite d’une grande partie du processus électoral. Qu’il nous soit permis de vous dire toute notre gratitude pour les appuis multiformes dont le Burundi a bénéficié de la part du Gouvernement français grâce à votre entremise. Nous n’allons pas y revenir car déjà l’an dernier, au cours d’une circonstance pareille, vous avez eu à dresser un bilan largement positif de votre dynamisme au Burundi. L’institut de police de Bubanza qui n’était alors que chantier est aujourd’hui opérationnel et que dire de l’Alliance Franco-burundaise qui fait le bonheur des habitants de la ville de Gitega ?
Sous un autre angle, il sied de reconnaître que notre démocratie est encore jeune mais pas du tout faible. Elle est forte de l’attachement dont la nation lui porte. Elle est forte des leçons de notre histoire et surtout de la foi en un avenir meilleur grâce à l’unité nationale, à l’amour du travail et à l’intégration régionale. Elle a besoin d’être comprise et surtout d’être soutenue pour garantir l’épanouissement aux habitants de notre pays et la stabilité dans la sous région.
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Nous vous sommes reconnaissant de la bonne et fructueuse collaboration dont vous avez été en partie l’artisan grâce au Document Cadre de Partenariat signé en novembre 2006 à l’occasion de la visite de SEM le Président Pierre NKURUNZIZA en France. Nous souhaitons que vous demeuriez un bon ambassadeur du Burundi partout où vous serez surtout pour faire en sorte que la coopération entre le Burundi et la France puisse retrouver le niveau d’avant la crise de 1993 : qu’il y ait des appuis au budget de l’Etat ; qu’il y ait plus de bourses d’études et de stages en faveur des étudiants et des fonctionnaires burundais ; qu’il y ait de plus en plus d’investisseurs français et des financements pour participer à la relance de l’économie du Burundi et arriver à faire face aux conséquences dramatiques du changement climatique.
Point n’est d’ailleurs besoin de rappeler que lors du sommet Afrique France de Nice, il a été réaffirmé l’importance des enjeux financiers pour lutter efficacement contre le changement climatique et pour soutenir les efforts d’adaptation des pays africains aux changements climatiques. La France ne s’est-elle pas engagée à constituer un fonds d’investisseurs (le Fonds pour l’agriculture africaine) destiné à soutenir le développement des projets agricoles en Afrique ? Pour dire en peu de mots que même n’étant plus en mission au Burundi, vous n’avez pas pour autant moins de pain sur votre planche au regard des défis et des attentes d’un peuple que vous gardez et dans votre cœur et dans votre agenda !
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Distingués invités,
Mesdames/Messieurs,
Nous nous en voudrions de terminer notre intervention sans remercier de nouveau le Gouvernement français pour les appuis considérables qu’il apporte au peuple du Burundi. Nos réitérons nos félicitations au Gouvernement et au peuple français pour cette fête nationale et nos remerciements à vous, Excellence Monsieur l’ambassadeur et aux Français vivant au Burundi, pour votre accueil chaleureux. Nous vous souhaitons plein succès partout où vous serez appelé à servir l’humanité.
Que vive l’amitié entre la France et le Burundi !
Que vive la coopération internationale !
Que Dieu vous bénisse !
Je vous remercie !